L'actualité donne décidément raison aux analyses présentées dans le livre sur l'Evaluation en langues ! N'en déplaise à nos détracteurs !
Le Haut Conseil de l’éducation (HCE) a présenté le 14 septembre 2011 un "Bilan des résultats de l’école". Ce rapport nous intéresse car il s'intéresse à la question des indicateurs, ce que j'appelle l'évaluation institutionnelle.
Il rappelle le rôle des indicateurs nationaux : ils doivent satisfaire la fameuse loi organique (la LOLF) qui impose à tous les ministères de chiffrer des objectifs annuellement et de rendre des compte (selon le non moins fameux impératif d'accountability libéral). L’éducation nationale doit donc fournir chaque année au Parlement des indicateurs de performance (toujours selon la gouvernance libérale par performance).
Nous avons donc un indicateur pour évaluer les "compétences de base" en Français et en mathématiques à la fin du primaire et à la fin du collège. Mais cela ne suffit pas, il faut en plus faire passer chaque année aux enfants les évaluations nationales à la fin de chacun des paliers du cycle commun (fin de CE1, de CM2 et de 3ème). Ces évaluations institutionnelles, on le voit bien, s'imposent aux enseignants qui n'ont plus d'autre choix que d'entraîner les élèves pour qu'ils réussissent des tests souvent faits localement.
Ce qui est intéressant dans le rapport du HCE c'est qu'il estime que ces indicateurs ne servent pas à grand chose, qu'ils ne permettent pas de donner une idée correcte des résultats, bref qu'ils ne sont pas conçus dans les règles de l'art. Cela veut dire qu'on oblige les enseignants à faire n'importe quoi, mais surtout qu'on angoisse pour rien parents et enfants !!!
En conséquence le HCE propose qu'on abandonne ces enquêtes inutiles !!! Le Haut comité demande aussi que l'on cesse de confondre l'évaluation des apprentissages nécessaire pour les professeurs et les élèves et l'évaluation institutionnelle qui devrait être proposée à partir d'échantillons significatifs (et pas pour tous les élèves) selon un rythme triennal (et non pas annuellement). Là encore on reconnaît que nous sommes dans un système fou d'évaluation permanente dangereuse et inutile.
Les analyses que j'ai proposées pour les langues vont dans le même sens. On constate que les manuels de langues au lieu de développer une évaluation centrées sur les apprentissages, évaluation alternative et qualitative (voir notre livre), proposent un entraînement aux certifications, que ce soit en français langue étrangère avec le DELF ou dans les autres langues avec les autres certifications. Les rectorats imposent aux enseignants des évaluations institutionnelles annuellement pour les langues, évaluations réalisées par des équipes d'enseignants. Sans aucun doute ces évaluations locales ne servent à rien et ne sont pas fiables. Elles obligent les enseignants à consacrer une grande partie des heures à entraîner les élèves à réussir les tâches proposées par les certificats commerciaux. On assiste ainsi à un mouvement de standardisation pédagogique contraire à la nécessaire innovation pédagogique seulle capable de faire évoluer l'enseignement.
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