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Dictionnaire MEDIADICO    

mercredi 16 novembre 2011

FLI, la fracture didactique : label et apprentissage

Un tsunami scientifique est en train de frapper la communauté des didacticiens du FLE et des sociolinguistes. Qu'est-ce qui a mis le feu au FLE ?
1. Le contexte idéologique
Disons qu'il y a un contexte idéologique autour de l'immigration et de l'utilisation de la langue comme outil permettant de réduire ou limiter le flux d'étrangers en France. Ce contexte est hautement idéologique et oppose le courant majoritaire qui s'appuie sur l'intégration/assimilation et donc la négation de la diversité linguistique et culturelle et un courant minoritaire qui milite pour une meilleure prise en compte de la diversité. C'est une question très sensible pour la didactique du FLE et pour la sociolinguistique. L'actualité politique utilise la question de l'immigration et de la nationalité comme arme idéologique dans le contexte actuel des futures élections.
Le ministre de l'intérieur a ainsi poussé un peu plus loin les mesures politiques pour durcir les textes en vigueur. "Je veux que l'identité de la France et les choix de vie des Français soient respectés.", dit-il à l'Express le 24 août 2011. Il explique également sa volonté de réduire l'immigration légale : "L'immigration légale se monte à environ 200 000 personnes chaque année. J'ai fixé l'objectif de la réduire de 20 000 en un an."
2. La question de la maîtrise de la langue
L'exigence d'une certaine maîtrise de la langue par les étrangers souhaitant résider en France ou être naturalisés figure déjà dans les textes de 2003 et 2006. Le Monde du 24 août montre bien comment cette question est centrale au projet de réduction de l'immigration : "La maîtrise de la langue française par les immigrés n'est pas une idée neuve. Déjà, la loi de 2003 puis de celle de 2006 sur la maîtrise des flux migratoires et le séjour des étrangers prévoient la prise en compte de la connaissance du français dans le parcours d'intégration des étrangers. Un compte rendu du conseil des ministres du 30 avril 2003 cite la connaissance de la langue française comme critère d'intégration subordonnant la délivrance d'une carte de résident. La loi, présentée par Nicolas Sarkozy ministre de l'intérieur, est renforcée trois années plus tard par l'article 5 de la loi du 3 avril 2006. Un an plus tard, M. Sarkozy remporte la présidence. Aujourd'hui et à huit mois d'une nouvelle échéance présidentielle, c'est au tour de Claude Guéant d'exhumer cette thématique."
Le Monde du 12 octobre présente les nouveaux décrets concernant l'exigence d'un niveau de maîtrise de la langue : "A partir du 1er janvier 2012, les futurs naturalisés devront prouver leur maîtrise de la langue pour devenir français, indiquent deux décrets parus mercredi 12 octobre au Journal officiel. "Tout demandeur doit justifier d'une connaissance de la langue française, caractérisée par la compréhension des points essentiels du langage nécessaire à la gestion de la vie quotidienne et aux situations de la vie courante, ainsi que par la capacité à émettre un discours simple et cohérent sur des sujets familiers dans ses domaines d'intérêt", énonce le décret du ministère de l'intérieur et de l'immigration.
Comme le prévoit la loi sur l'immigration de juin, le niveau ne sera plus évalué lors d'un entretien individuel. Les demandeurs de la nationalité française devront justifier d'un diplôme "d'un niveau égal ou supérieur au niveau requis", à savoir le niveau de fin de scolarité obligatoire (niveau B1, selon la classification du référentiel européen) et une maîtrise orale de la langue. En l'absence de diplôme, les étrangers devront fournir une "attestation" délivrée "par des organismes reconnus par l'Etat comme aptes à assurer une formation 'français langue d'intégration'". La liste de ces organismes est disponible sur le site Internet de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII)."
3. L'alibi scientifique par la création d'un FLI
Nous ne sommes pas avec cette nouvelle branche du FLE dans le cadre d'un débat ou d'une controverse scientifiques internes à la didactique des langues. Il existe depuis bien longtemps différentes appellations correspondant à des formations spécialisées pour des publics particuliers. Que l'on ajoute une nouvelle branche au FLE, après le FOS, le FLP, le FOU n'est pas, de mon point de vue, problématique. Pourquoi pas le FLI, français langue d'accueil serait d'ailleurs préférable à français langue d'intégration qui ne peut que renvoyer au contexte idéologique présenté ici. Ces différentes branches signifient simplement que l'on va focaliser sur des besoins qui peuvent être spécifiques. La méthodologie d'apprentissage par contre relève de la didactique des langues, donc du FLE. Choisir une optique socioconstructiviste pour l'apprentissage ne dépend pas du public à former, il peut relever du FLP, du FOS, etc. Cela signifie qu'un enseignant de langue doit d'abord avoir les compétences générales en didactique et qu'à partir de là on peut le spécialiser sur des publics spécifiques : les enfants, les professionnels, les migrants, etc.
La notion de FLI pose par conséquent problème car elle nous place inévitablement dans le camp de l'intégration/assimilation. C'est une appellation très malheureuse qui sème le doute sur les objectifs cachés du FLI.
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4.  La définition du niveau requis
Le document intitulé "La réforme du contrôle de la connaissance de la langue française par les candidats à la nationalité" publié le 12 octobre par la Mission communication du Secrétariat général à l’immigration et à l’intégration apporte un certain nombre de précisions sur ce label et sur la notion de FLI. On nous dit que les candidats à la naturalisation (environ 100000) devront justifier du niveau B1 du CECR. "A partir du 1er janvier 2012, le candidat à la nationalité devra prouver qu’il maîtrise le français au niveau « B1 oral », défini par le référentiel des langues utilisé en Europe. Ce niveau correspond à celui acquis en fin de scolarité obligatoire. Il permet de vivre de façon normale dans le pays et de participer à des conversations simples. Les candidats à la nationalité française devront prouver, par un diplôme ou une attestation, qu'ils ont acquis ce niveau. Les diplômes sont permanents, les attestations sont valables 2 ans."
La définition du niveau B1 est présentée de la manière suivante :
"B-1 : niveau de fin de scolarité obligatoire. Peut comprendre des phrases formulées
dans un langage clair ou standard. Peut se débrouiller dans le pays où l'on parle la
langue. Peut raconter, en terme simple, un évènement qui le concerne."

Cette nouvelle disposition n'est pas choquante en soi, elle suit l'exemple de plusieurs pays européens.
Pour se faire naturaliser, on peut produire un diplôme français de niveau 5 (brevet des collèges, CAP/BEP), un certificat B1 de FLE (Delf, Chambre de Commerce, Alliance française, Cambridge, ETS), et des certificats des organismes disposant du label FLI. A noter que le Delf est considéré comme un diplôme et est donc valable de manière permanente !
Ces précisions de délivrance ne soulèvent pas de question.
5. Le label "Français langue d'intégration"
Qui et comment se fera la labelisation ? Le texte précise la procédure classique d'assurance qualité et donc de labelisation des centres de formation :
"Le label « Français Langue d'Intégration » (FLI) vise à assurer les meilleures conditions de l'enseignement du français aux publics adultes immigrés. Il sera délivré à partir de 2012, sous l'autorité du ministre en charge de l'intégration et attribué pour 3 ans par une commission comprenant les administrations publiques et des experts (linguistes, didacticiens, pédagogues). Pourront concourir au label les associations, les entreprises et les collectivités. Un dispositif particulier qualifiera les associations ne comprenant que des bénévoles.
La délivrance du label interviendra à l'issue d'un audit portant sur les conditions d'accueil des apprenants, la structuration administrative, la gouvernance, le budget, le niveau des formateurs, l'offre de formation, le contrôle de qualité interne, les résultats des formations et le respect d'un programme pédagogique adapté."
Sur ce point également, il n'y a pas de question particulière. On peut simplement se demander qui pourra figurer dans ces commissions (régionales ?), qui seront ces linguistes, didacticiens ?
Une autre question mérite d'être posée à propos de ce passage : "Plusieurs universités se préparent à introduire un cursus de recherche et d'enseignement autour du « Français Langue d’Intégration »." Que vient faire ici cette remarque ? Pourquoi "l'université" serait-elle invoquée dans ce processus administratif de labelisation ? Nous verrons plus loin ce point qui soulève de nombreuses craintes.
6. Qui est derrière le FLI ?
N'est-il pas légitime de se poser cette question ? On connaît le commanditaire mais qui est le le maître d'oeuvre ? On trouve une réponse dans le document "Référentiel FLI" conçu et réalisé par une société d'ingénierie Ecrimed, dirigée par Mme Vicher. L'équipe qui a réalisé ce "référentiel" est composée de qualiticien, de spécialiste du management, d'étudiants de master, de doctorants, d'un maître de conférence et d'une PAST (la directrice d'Ecrimed). Ce référentiel n'est pas un référentiel de formation mais un outil pour conduire l'audit des organismes demandant le label FLI ou l'agrément FLI (organismes fonctionnant avec des bénévoles). On se trouve bien dans une démarche d'audit, avec une procédure qui doit respecter les normes Afnor.  L'aspect organisationnel pour un organisme de formation peut également être un point important à vérifier.
Ce référentiel aurait dû en rester là. Pour vérifier la compétence de l'équipe pédagogique, il  suffirait de vérifier qu'un nombre suffisant d'enseignants ont suivi une formation de FLE (M1 / M2). Peut-on exiger de tous ce niveau étant donné la faible rémunération proposée en général dans les associations ? On pourrait reconnaître une plus value aux organismes qui font l'effort de recruter des enseignants bien formés au FLE et qui ont une expérience pour les migrants.
Les points exigés pour évaluer les enseignants sont simplement surréalistes et impossibles à réaliser. Un référentiel pour labeliser un organisme (peu importe la discipline enseignée) ne peut se permettre de spécifier une méthode de formation.
7. Des exigences didactiques abracadabrantes
L'introduction générale propose une définition du FLI d'un point de vue didactique (plus de 10 pages). Ce développement n'a strictement rien à voir avec une procédure d'audit.
La définition des missions et fonctions des enseignants et coordinateurs est présentée de manière très générale. Que veut-on évaluer exactement ? Comment peut-on voir que tous les enseignants du centre "travaille(nt) sur la remise en cause de stéréotypes chez l’apprenant et se fonde donc sur une approche inter et transculturelle" ? Que veut dire "L’apprentissage de la langue inclut la compréhension des principes fondamentaux qui fondent la vie en société en France" ? Comment va-t-on évaluer cette compétence professionnelle ? Est-ce une compétence professionnelle ou une représentation de l'apprentissage d'une langue ? Va-t-on dans ce cas évaluer toutes les représentations des enseignants ? Que veut dire ce paragraphe sur l'évaluation ? "L’évaluation se fait en concertation avec les apprenant(e)s. L’activité du (de la) formateur (trice) va de la connaissance et de l’utilisation à l’adaptation voire parfois à la conception de supports d’évaluation des acquisitions ; celle-ci porte
également sur l’interprétation des évolutions ou des blocages et la mobilisation de pratiques plurielles d’évaluation, selon les objectifs, les moments … ainsi que le réajustement éventuel des démarches et outils en fonction des objectifs et des besoins." On évalue cette compétence évaluative de quelle manière ?
Faut-il de même évaluer les contenus de formation ? Comment ? Les entrées proposées sont-elles pertinentes ?
- Développement de la compétence de communication à l'oral
- Accès au monde de l'écrit
- FLI et intégration sociale des migrants
- FLI et intégration économique
- FLI et intégration citoyenne
Ce document propose également un listing des compétences attendues des enseignants : il y en a plus de 50 !!! Quel formateur peut réussir cet examen ! Comment une commission d'agrément pourra-t-elle cocher cette chek-liste démesurée ?
Ce document n'est pas sérieux et encore moins professionnel !
8. Une extrême confusion des genres
Enfin, le plus grave de cette triste histoire apparaît dans le projet de mettre en place à l'université une formation master FLI. Plusieurs passages montrent qu'il s'agit d'un objectif à court terme :
- il s'agit de "disposer de formateurs ayant obtenu une qualification FLI (master FLI)"
On ne peut être plus clair. On propose alors une généralisation sans se demander si l'université est d'accord, s'il y a effectivement nécessité de créer une formation aussi pointue pour un nombre restreint de personnes.
- "En attendant la généralisation des Master FLI à l’université"
Ecrimed va plus loin encore dans son élucubration, et bien au-delà du dossier officiel (un cursus de recherche et d'enseignement autour du « Français Langue d’Intégration »), en exigeant des enseignants ayant pourtant obtenu un master FLE d'aller compléter leur formation en FLI (qui n'existe pourtant pas) ! Jusqu'ici on estimait qu'un formateur avec un master FLE en formation initiale était largement formé. Cette information signifierait que le master FLE n'offre pas de garantie suffisante. C'est très grave comme postulat. On voit bien que l'introduction du référentiel qui explique que le FLI n'est qu'un élément du FLE et qu'il n'y a pas opposition est mis à mal et cache d'autres objectifs plus incidieux.
- "Pour obtenir le Label FLI®, les formateurs (trices) et coordinateurs (trices) devront avoir des connaissances et des compétences reconnues, qu’elles auront obtenues à l’issue du Master FLI.12 Les formateurs (trices) et les coordinateurs (trices) actuellement en poste (ayant un Master FLE, FLS ou équivalent et/ou une expérience reconnue), n’ayant pas ces compétences, suivront, si besoin, une formation de formateurs, reconnue par la DAIC, correspondante à leurs besoins."
Est-ce l'objectif d'un référentiel d'audit de décréter la mise en place d'un cursus universitaire ? A-t-on penser exiger des organismes de formation labélisés FLI d'augmenter en conséquence la rémunération des enseignants qualifiés ? Il faudrait rire de tout cela (ou pleurer) de cette incompétence évidente s'il n'y avait pas le contexte idéologique sur les mesures contre l'immigration.
9. La situation linguistique en Europe
Deux documents apportent un éclairage sur la situation européenne : la synthèse du séminaire 2005 au CIEP  ("Séminaire international sur la situation linguistique des migrants adultes") et les documents du Conseil de l'Europe suite à la conférence 2008 sur "L'intégration linguistique des migrants adultes", en particulier l'enquête européenne réalisée par C. Extramiana et P. Van Avermaet. En moyenne, certains pays considèrent qu'il est nécessaire de prévoir entre 400h et 800h pour atteindre le niveau A2 et entre 1000h et 2000h pour le niveau B1. Dans la plupart des pays les cours sont gratuits. La partie connaissance de la société est la plupart du temps intégrée à la formation linguistique, certains pays ont cependant des tests spécifiques. Pour la citoyenneté certains pays demandent le niveau A1 ou A2 (Pays Bas) et d'autres exigent le niveau B1 (Allemagne) voire B2 (Italie et Danemark). Les Pays Bas comptent 9% d'étrangers ; l'Allemagne, le Royaume Uni, la Belgique et l'Espagne 8% ; la France 5%.
Ces formations linguistiques ont un coût : "Les comparaisons sont par ailleurs extrêmement difficiles à établir entre pays, pour lesquels on ne peut que mettre globalement les budgets consacrés à ces actions en face du nombre de personnes en formation, sans pouvoir tenir compte des différents paramètres de ces formations. On obtient ainsi une fourchette très imprécise d’investissement public qui irait de 950 € en moyenne par personne au Royaume-Uni à 2 600 € au Québec, la France se situant dans cette évaluation sommaire à près de 1 700 €, ce qui correspond à un coût horaire voisin de celui de l’Allemagne et analogue à celui du Québec."
Certains pays homologuent les formations (en Allemagne selon 3 critères : solvabilité, capacité, qualité). Parfois ont demande aux formateurs de justifier d'une formation initiale certifiée en didactique des langues.
L'Irlande évalue les compétences des migrants par l'intermédiaire d'un portfolio (compétences linguistiques et interculturelles) ! Certains critiquent l'utilisation des tests et certificats pour contrôler les flux migratoires et l'accès à la nationalité ! Dans un certain nombre de pays la formation linguistique est liée étroitement à l'accès à l'emploi !
Les conclusions du séminaire 2005 du CIEP ont permis de soulever plusieurs questions : "La question de l’obligation linguistique en soi a suscité des interrogations : comment se justifie le choix du niveau linguistique requis ? Comment identifier les besoins réels des migrants pour la participation à la vie en société et pour l’emploi ? Comment lier le/les niveau(x) requis à ces besoins et comment établir des objectifs réalistes en fonction des besoins et des capacités des personnes ? Dans quelle mesure le volume horaire retenu permet-il d’atteindre le niveau requis ? Le coût de la formation, quand il est supporté par le migrant, n’est-il pas un facteur de discrimination pour les personnes de condition modeste ? Comment justifier l’examen de langues (et les niveaux variables fixés par les pays) ? L’examen de langue ne constitue-t-il pas un stress qui diminue d’autant le bénéfice de la formation ?"
Un point capital a été relevé : il n'est pas raisonnable d'imposer sans discernement aux migrants le même niveau d'exigence. Le séminaire du CIEP 2005 va dans ce sens :"La prise en compte du profil d’apprentissage est essentielle pour la réussite de la formation ; les modèles allemands et danois apportent la preuve qu’il est possible de construire une offre de formation à partir de trois profils d’apprentissage déterminés sur la base de la scolarité (non scolarisés, scolarité courte, scolarité longue) et d’objectifs d’apprentissage adaptés en conséquence (niveaux visés variant selon le profil d’apprentissage). La question des volumes horaires est ici liée. La dissociation de l’oral et de l’écrit pour les personnes peu ou pas scolarisées permet en outre un entraînement effectif dans ces deux compétences."
10. Pour conclure
Le référentiel FLI est de toute évidence un document très mal ficelé et qui provoque inutilement le trouble et la gêne. Nous sommes bien évidemment soucieux d'apporter les meilleures conditions possibles pour que les migrants puissent acquérir un bon niveau de français. Le débat scientifique est nécessaire, la validation scientifique aussi. On peut se demander pourquoi un tel document n'a pas suivi la procédure classique de validation alors que les auteurs revendiquent justement une scientificité qui est en fin de compte usurpée.
Il aurait fallu se contenter d'un manuel pour une procédure d'homologation de centres dans une démarche qualité bien comprise. La question de savoir si le champ de la formation linguistique des migrants peut bénéficier d'une clarification conceptuelle en didactique du FLE est bien évidemment en cours, nous ne découvrons pas avec le FLI ce qu'est la formation linguistique pour les migrants. Cette définition ne peut s'abstraire du contexte politique. La vraie question est une question politique qui consisterait à lier cette formation à l'insertion professionnelle comme le font certains pays européens.
Ce qui est scandaleux dans cette affaire c'est la prétention à disqualifier le travail que réalisent les départements de FLE depuis de nombreuses années. Il y a une didactique des langues qui se soucie depuis son origine des démarches permettant de concevoir des programmes de formation adaptés aux différents publics, qui fait son possible avec les moyens dont elle dispose pour proposer une formation initiale professionnelle. Le FLE est d'ailleurs la seule langue qui a pu se doter de linguistes et didacticiens des langues expérimentés. Il n'y a quasiment plus de didacticiens pour les autres langues. Enfin, les dernières mesures ont laisser croire que n'importe qui peut enseigner aux migrants, alors que nous formons des professionnels qui ne demandent qu'à travailler et à faire profiter de leurs compétences professionnelles.
Un air de Satie (Gnossienne) nous fera du bien.

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